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Biographie de Maurice Brianchon - L'histoire d'un artiste

Biographie

1899

Maurice Brianchon naît le 11 janvier à Fresnay-sur-Sarthe.

1917

Brianchon s’inscrit aux Beaux-Arts, dans l’atelier de Cormon.
Le collège Saint-Louis, Le Mans

Maurice Brianchon

1899 - 1979

1918

Le jeune Maurice quitte les Beaux-Arts et entre à l’Ecole des Arts Décoratifs, afin de suivre les cours de ce maître brillant et éclectique qu’était Eugène Morand, le père du futur romancier et grand voyageur Paul Morand. Dans la classe de ce professeur exceptionnel, il rencontre plusieurs artistes avec lesquels il se lie d’amitié : Roland Oudot, Raymond Legueult, Joseph Inguimberty, François Desnoyer et Jacques Adnet.

1919

En novembre, il expose pour la première fois au Salon d’Automne.

1921

Lors d’un voyage en Belgique et aux Pays-Bas, Brianchon découvre dans les musées de Bruxelles, d’Anvers, de Bruges et d’Amsterdam les maîtres de la peinture flamande et hollandaise. Entre ses visites, il relit Les Maîtres d’autrefois d’Eugène Fromentin, qu’il a emporté dans ses bagages

1922

Au printemps, après avoir quitté l’Ecole des Arts Décoratifs, Maurice Brianchon loue avec son ami Raymond Legueult un atelier à l’Avenue du Maine à Paris. A la demande de son directeur Jacques Rouché, Brianchon crée pour l’Opéra de Paris, les costumes du ballet Grisélidis (Musique de Jules Massenet et livret d’Eugène Morand et d’Armand Silvestre), dont la première a lieu le 29 novembre.

1923

Brianchon expose pour la première fois au Salon des Tuileries.

1924

Brianchon obtient en 1924 le Prix Blumenthal. La même année, une bourse des Arts Décoratifs lui permet d’entreprendre un voyage en Espagne avec Raymond Legueult.

Maurice Brianchon et Raymond Legueult dans leur atelier de l’avenue du Maine.

1925

En collaboration avec Raymond Legueult, Brianchon brosse pour l’Opéra de Paris, les décors du ballet La Naissance de la Lyre (Musique d’Albert Roussel et livret de Théodore Reinach). Fin octobre, il est nommé professeur de dessin à l’Ecole Estienne.

1930

En novembre, Brianchon expose trente-deux toiles à la Galerie Marcel Bernheim, à Paris.

Maurice Brianchon et Raymond Legueult devant le décor du ballet La Naissance de la Lyre

1934

Au printemps, Brianchon participe au 2e Groupe des Artistes de ce temps, au Musée du Petit-Palais à Paris. Peu après, à la Biennale de Venise, six de ses toiles sont exposées dans le Pavillon français. Le 18 juin, Brianchon épouse Marguerite Louppe, peintre elle-même, qu’il avait rencontrée à l’Académie Julian et à la Grande Chaumière.

1935

Pour le parloir du Lycée Janson-de-Sailly, Brianchon exécute en automne un panneau décoratif : Les Grandes Ecoles.

Maurice Brianchon épouse Marguerite Louppe le 18 juin 1934.

1936

Léon Deshairs, directeur de l’Ecole des Arts Décoratifs, demande à Brianchon de venir enseigner dans la chaire laissée vacante par la mort de son ancien maître Paul Renouard.

1937

Brianchon réalise deux grandes décorations pour le Foyer de la Musique au Palais de Chaillot, sur le thème de La Symphonie.

Maurice Brianchon dans sa classe de dessin avec, à sa gauche, Léon Deshairs.

1939

Brianchon reçoit le Garden Club Prize du Carnegie Institute (nº 217). Après la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans une section de Camouflage, où il retrouve plusieurs de ses amis peintres ou sculpteurs. Parallèlement, il crée, pour l’Opéra de Paris, les décors et les costumes des Valses nobles et sentimentales (Musique de Maurice Ravel).

1940

Il est nommé membre du Comité du Salon des Tuileries.

1941

Démobilisé, Brianchon travaille dans les coulisses de l’Opéra et dans son atelier de Paris, situé au 8e étage d’un immeuble de la rue du Conseiller Collignon, dont la haute verrière domine les toits et les arbres du quartier de la Muette. Brianchon compose pour l’Opéra de Paris les décors et les costumes du ballet Sylvia, (Musique de Léo Delibes)

Mlles Bardin, Ivanoff et Dynalix dans Sylvia

1942

Au printemps, Brianchon participe au 2e Groupe des Artistes de ce temps, au Musée du Petit-Palais à Paris. Peu après, à la Biennale de Venise, six de ses toiles sont exposées dans le Pavillon français.

1943

En collaboration avec sa femme, Marguerite Louppe, Brianchon prépare trois décorations murales pour le Conservatoire de Musique et d’Art Dramatique de Paris. Il expose à nouveau un choix de peintures à l’huile et d’aquarelles chez Louis Carré.

Le sommeil de Diane, 1942. Tapisserie d’Aubusson, 255x275 cm

1945

A la demande de Robert Rey, Brianchon décore d’un motif original directement peint soixante-quatorze pièces d’un service blanc de Sèvres.

1946

Toujours pour Ides et Calendes, Brianchon illustre le Théâtre complet d’André Gide. Durant la même année, à l’instance amicale de Jean-Louis Barrault et de Madeleine Renaud, il compose les décors et les costumes des Fausses Confidences de Marivaux, dont la création au Théâtre Marigny à Paris, connaît un succès exceptionnel. Brianchon reçoit des mains de Léon Deshairs les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur. A cette occasion Luc Albert Moreau lui écrit : « Bravo mon cher Brianchon, ce ruban consacre non seulement votre beau talent, mais aussi votre courageuse attitude pendant l’Occupation. Vos amis se réjouissent de cette distinction.

Lettre de Brianchon adressée le 14 juillet 1946 à Richard Heyd

1948

En automne, Brianchon collabore de nouveau avec la compagnie Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud en réalisant les décors et les costumes de La Seconde Surprise de l’Amour de Marivaux.
Madeleine Renaud et Jean-François Calvé dans La Seconde Surprise de l’Amour.
L’atelier de Brianchon à l’Ecole nationale des Beaux-Arts.

1949

Brianchon est nommé professeur-chef d’atelier à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Il y enseigne pendant près de vingt ans, exerçant une influence remarquable sur de nombreuses volées de jeunes artistes, dont plusieurs firent par la suite une remarquable carrière : Guy Bardone, André Brasilier, Bernard Cathelin, René Genis, Paul Guiramand.

1950

Grand admirateur des peintures de Brianchon et de ses décors pour le théâtre, le Président Auriol invite fréquemment l’artiste et sa femme aux réceptions qu’il donne à l’Elysée. Brianchon en profite pour faire de nombreux croquis des invitations officielles ou privées du Chef de l’Etat et de son épouse (nº 259). Il utilisa ces documents pour peindre quelques toiles de grandes dimensions des cérémonies de l’Elysée.

1951

Le Musée des Arts Décoratifs présente au Palais du Louvre une importante rétrospective de l’œuvre de Brianchon.Le catalogue, préfacé par Robert Rey, comprend cent trente cinq peintures et autant d’aquarelles, de dessins, de lithographies et de tapisseries.

1952

En automne, à la demande de son ami le compositeur Francis Poulenc, Brianchon crée, pour l’Opéra Comique de Paris, les décors et les costumes du Ballet Aubade.

L’entrée du Musée des arts décoratifs en mars 1951.

1953

Le 13 mai, le Président Auriol remet à Maurice Brianchon les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur. En juin, Brianchon est mandaté par la Direction des Arts et Lettres, à la demande du Gouvernement britannique, pour assister aux Cérémonies du Couronnement de S. M. la reine Elisabeth II. Il en rapporte deux carnets de croquis, dont il tire huit peintures de petit format, consacrées aux très riches heures du Couronnement.

1954

Nouveau défenseur de l’œuvre de Maurice Brianchon, Alfred Daber demande à l’artiste d’exposer dans sa galerie du Boulevard Haussmann, vingt deux peintures récentes et, entre autres, les scènes du Couronnement de la reine d’Angleterre.

Le président Vincent Auriol remet les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Maurice Brianchon

1955

Brianchon exécute les décors et les costumes pour Intermezzo de Jean Giraudoux. La musique est de Francis Poulenc. La pièce est jouée pour la première fois le 17 mars au Théâtre Marigny par la Compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault.

Pierre Bertin dans Intermezzo

1956

A Pâques, Brianchon voyage à Rome avec ses amis Jacques Villon et Jean Arp, afin de participer au Jury du prix de la VIIè Quadriennale Nazionale d’Arte di Roma. Le prix est décerné à Enrico Prampolini.


A Londres, la Galerie Arthur Tooth & Sons organise en juin une présentation de 32 peintures de Maurice Brianchon.

Lors de la VIIe Quadriennale Nazionale d’Arte di Roma.

1957

A la demande de Michel Bouquet, il compose le décor de La Maison des cœurs brisés de Bernard Shaw, pour le Théâtre de l’Œuvre. En été, Brianchon participe à l’exposition des Peintres de la Réalité poétique à la Tour-de-Peilz, en Suisse. Le catalogue, rédigé par François Daulte, énumère quarante et une peintures, aquarelles, lithographies, dessins et tapisseries de Brianchon. Dans sa préface, Paul Morand évoque ses souvenirs « Oudot, Brianchon, Legueult, je les ai connus adolescents, aux Arts décoratifs, il y a exactement quarante ans ; ils n’ont pas changé ; ils n’ont pas cessé de travailler dans l’indépendance morale, dans la modestie, dans le respect des maîtres. Giraudoux, qui les admirait comme moi, avait fait l’acquisition d’un Oudot et me montrait avec ravissement, au mur de son petit bureau, ces exquises jeunes filles d’une grâce boticellesque qui nous enchantait. Et moi, quel n’était pas mon plaisir, à Tanger, dans cette ambiance exotique, de contempler un Paris sous la pluie de nos climats, brillant sur une toile de Brianchon, dans mon salon arabe

1958

En automne, il prépare une série d’études afin d’illustrer de lithographies en couleurs les Fausses Confidences de Marivaux. Ce projet mit longtemps à mûrir. Edité par Alfred Daber, le livre des Fausses Confidences parut l’année suivante, illustré de superbes planches tirées sur les presses à bras de Mourlot Frères.

1959

Invité par la Galerie David B. Findlay en novembre, Maurice Brianchon, accompagné de sa femme, se rend pour la première fois à New York à l’occasion de l’ouverture de son exposition réunissant trente peintures exécutées entre 1942 et 1959. Préfacé par l’acteur et metteur en scène Jean-Louis Barrault, le catalogue de cette première rétrospective aux Etats-Unis est imprimé par les Frères Mourlot à Paris. Maurice Brianchon profite de son séjour pour dessiner les gratte-ciel de Manhattan et les bords de l’Hudson se détachant sur un ciel hivernal, afin de préparer une série de tableaux consacrée à New York.

M. Lafarge, Maurice Brianchon et David Findlay lors du vernissage de l’exposition de New York

1960

En octobre, la Galerie Findlay organise une seconde exposition d’une vingtaine de peintures de Brianchon.

1962

Afin de montrer dans toute son ampleur au public suisse l’œuvre de Maurice Brianchon, quelques amis du peintre, en particulier Fred Uhler, André Rosselet et François Daulte, prennent l’initiative d’organiser au Musée des Beaux-Arts de Neuchâtel une rétrospective réunissant deux cent vingt peintures, aquarelles, dessins, lithographies, livres illustrés et tapisseries du maître des Fausses Confidences.

En octobre-novembre, cent trois œuvres qui avaient figuré à l’Exposition de Neuchâtel furent présentées à la demande de Georges Wildenstein à la Galerie des Beaux-Arts, à Paris.

François Daulte et Maurice Brianchon lors de l’exposition de Neuchâtel

1969

Captivé par les œuvres de Brianchon qu’il avait découvert en France, Chozo Yoshii organise en automne une exposition d’une vingtaine d’œuvres majeures de l’artiste dans sa galerie de Ginza, à Tokyo.

1970

A la demande de la société Les Francs Bibliophiles, Brianchon exécute plusieurs lithographies en couleurs afin d’illustrer une édition de grand luxe du Blé en Herbe de Colette. En automne, la Galerie Findlay de New York présente sa quatrième exposition de Brianchon, réunissant une trentaine de toiles des thèmes favoris de l’artiste.

1972

Publication d’une importante monographie en japonais sur Maurice Brianchon avec un texte de Masataka Ogawa et une préface de Chozo Yoshii, aux Editions The Zauho Press, à Tokyo.

1974

Poursuivant ses efforts afin de faire mieux connaître les grands peintres figuratifs français du XXe siècle, la Galerie des Granges présente, du 2 mai au 15 juin, une exposition particulière de Maurice Brianchon, en réunissant cinquante six peintures, des Joueurs de Pelote à Ciboure de 1922 à la Nature morte au Bilboquet de 1969.

1975

A peu près au même moment, la Galerie Findlay présente vingt-cinq peintures récentes de Brianchon, dans ses nouvelles salles à New York.

1977

Sous le patronage du Yomiuri Shimbun, les Galeries Daimaru à Tokyo présentent en juin un ensemble suggestif des      « Peintres de la Réalité poétique », groupant les œuvres de huit maîtres, de Brianchon à Terechkovitch, sélectionnées par François Daulte dans les Musées et les collections européennes. Le catalogue énumère dix œuvres de Brianchon, reproduites en couleurs, dont la célèbre Femme accoudée aux Seins nus de 1954.

1979

Maurice Brianchon décède le 1er mars dans son appartement parisien.